PERSONNAGES HISTORIQUES DE CHIPIONA


Dr. Tolosa Latour Padre Lerchundi Jose Miranda De Sardi

      Depuis ses débuts dans l´actualité et à toutes les époques, l'histoire de Chipiona a donné des nombreux personnages qui se sont distingués dans différents secteurs de la société du village. Certains naquirent à Chipiona, d'autres non, mais ils y vécurent leur vie et s’y réalisèrent, accomplissant un grand travail pour notre population.

      Pour différencier et comparer plus facilement ces personnages, nous les avons divisés en quatre groupes distincts.

HOMMES D´ARMES, DIRIGEANTS ET POLITIQUES

QUINTO SERVILIUS CAEPION

      Le consul Quinto Servilius Cæpión est le personnage dont dérive le nom de notre village. Sur un site à trois kilomètres de notre côte, il fit ériger une tour, selon les géographes classiques, Estrabon et Pomponius Mela, qui la définissent respectivement comme «Kaipionis Pyrgo" et "Monumentum Caepionis".

      Après avoir occupé plusieurs postes en Espagne, il combattit contre Viriato dans toute la zone du bas Guadalquivir, le vainquant sans employer les moyens réguliers de la guerre. Dans la guerre contre les Cimbres, il subit plusieurs défaites, notamment celle de la bataille d'Orange,où seulement survécurent dix hommes, dont Caepion, sur 120.000 qui constituaient l'armée romaine. Caepion fut destitué de son commandement. Dix ans plus tard, C. Norbamus le mit en accusation. Tous ses biens furent confisqués. Et on le condamna à mort.

      Le Sénat romain refusa á Caepion les honneurs militaires du triomphe que l’on accordait aux éminents généraux romains pour leurs victoires sur le champ de bataille. Dans son histoire universelle, César Cantú l'appelle «consul sans honneur."

RODRIGO PONCE DE LEÓN

      (Fondateur de Chipiona (appelée Regla de Santa-María) en lui décernant le titre de propriété).

      D. Rodrigo Ponce de León, Marquis Duc de Cadix, troisième comte d´Arcos (1469-1492), épousa Béatriz Pacheco et en seconde noces, Inès Perez Becerril.

      Encore en reste dans ses interventions sur les champs de bataille, il devint enfin figure centrale grâce à son son action glorieuse et décisive dans la campagne contre Grenade. Les rois lui donnèrent Zahara et le titre de Marquis en 1484. C’est un guerrier ambitieux. A la suite de la guerre de 1465 à 1469, la maison d'Arcos obtint le domaine de Cadix. Henry IV reconnut le domaine en juin 1469, lui accordant le titre de Marquis de Cadix, en janvier 1471. Isabelle I lui décerna le titre de duc en 1484. Il acheta Pruna en 1482. Une fois la campagne de Grenade terminée en 1484, il reçut les domaines de Villaluenga, Grazalema, Benaocaz, Archite, Ubrique et Montejaque. L´Île de León en 1490.

      Mais la domination de la famille Ponce de León sur Cadix prit fin avec la mort de Don Rodrigo en 1492. La reine exigea la restitution des domaines, en échange de la ville de Casares, ainsi que dix millions de maravédis, le transfert du titre ducal de propriété d´Arcos et la reconnaissance du droit d’aînesse institué par le défunt en des cirdonstances assez difficiles pour la lignée. On forma l'actuel Chipiona en 1477, en la séparant de Rota et on lui donna le titre de Regla de Santa-María comme hommage fervent à la Vierge vénérée dans le Sanctuaire qui fut le noyau de la nouvelle population.

PEDRO ROMERO DE TERREROS

      (Comte de Santa Maria de Regla)

      D. Pedro Romero de Terreros, Vázquez et Castilla (1710-1782) fut un riche entrepreneur minier espagnol, propriétaire de la vice-royauté espagnole de Nouvelle-Espagne. Il naquit à Cortegana (Huelva) en 1710, fils d'une distinguée famille, éduqué à Salamanque. Il fut un grand dévot de la Vierge de Regla.

      Vers 1730, à 22 ans, il arriva dans le nouveau territoire hispanique. Jeune et encore étudiant à l'université, il embarqua pour le Mexique pour régler les affaires d'un frère décédé. De plus son oncle étant malade dans la ville de Querétaro, Don Pedro prit la responsabilité de toutes ses affaires et son oncle le convainquit de ne pas retourner en Espagne, en la plaçant à la tête d'entreprises spécialisées en transport des marchandises, en partance de Veracruz vers d'autres régions du Mexique. En peu de temps Don Pedro devint un citoyen honorable et respecté de Querétaro.

      Plus tard, en 1742, il fut nommé maire de Querétaro, ainsi que Sous-lieutenant Royal et Grand Huissier Royal. En peu d'années D. Pedro devint l'un des hommes les plus riches du monde. Il fut nommé Chevalier de Calatrava par le roi en 1752, et reconnu pour ses qualités humaines et son travail.

      Propriétaire des mines de Real del Monte, découvertes en 1758 dans la juridiction de Pachuca. Avec les bénéfices obtenus de l'extraction de l'argent, de l'or et du cuivre, il mena à bien de nombreuses œuvres caritatives et contribua au développement du clergé mexicain.

      En 1769, la Couronne d'Espagne octroya à D. Pedro le titre de premier Comte de Regla, eu égard aux circonstances et aux mérites particuliers dont il était paré. Titre qu'il désirait en hommage à la Vierge de Regla et par gratitude, elle qui, sur les côtes espagnoles, sembla l’avoir béni lorsqu’il abandonna sa patrie, encore quasi enfant.

DUC DE MONTPENSIER

      Restaurateurs du Sanctuaire de Regla, ils restituèrent la Vierge de Regla à la Paroisse, et furent les plus grands promoteurs de l´organisation de la saison d’été à Chipiona.

      Antoine d´Orléans, Duc de Montpensier, naquit en 1824 à Neuilly (France). Fils de Louis Phillipe d´Orléans-Bourbon et Marie-Amélie des Deux-Siciles. Á six ans il devint Prince et son père roi de France.

      Son père arrangea le mariage d'Antoine avec l'Infante Marie-Louise de Bourbon. Le mariage du Duc de Montpensier avec la princesse espagnole fut célébré en même temps que celui de la reine Isabelle II avec l'Infant Don Francisco de Asis.

      Ceci engendra la rupture diplomatique avec l’ l'Angleterre puisqu´on pensait que la reine Isabelle II n'aurait pas d'enfants avec son mari et passerait la couronne aux descendants du Duc de Montpensier. L´Angleterre croyait que, de cette manière, la France aurait trop de pouvoirs. Il y eut trois jours de mariage en octobre 1846 et douze jours de lune de miel. Ainsi demeurèrent unis deux inconnus très différents mais en accord pour l’amour de leurs enfants et pour leur désir de règne.

      Quand finalement Alphonse XII devint roi d'Espagne, les ducs de Montpensier purent revenir et Antoine d´Orléans fut nommé Capitaine Général. En 1877, Alphonse XII fit la connaisance de Mercedes (la fille du duc) âgée de seize ans, et la même année, ils se fiancèrent. Toutefois, quelques mois avant d'être reine Maria de las Mercedes décéda. Le duc lui suggèra de se marier avec sa fille Christina, mais il en épousa une autre, Marie-Christine d'Autriche.

      Dans sa vieillesse, le duc était peu soigné dans sa tenue. On disait qu'il ressemblait à un vagabond. Il voyageait beaucoup et s´occupait de ses orangeraies. Il n'avait pas accompli ses grandes illusions: il ne parvint pas à régner et vit mourir de différentes maladies ses enfants : Regla, Amalia, Fernando, Luis et Felipe. Il décéda á Torrebreva en 1890, dans la région du Tambora à Chipiona.

ALPHONSE D´ORLEANS ET BOURBON

       Alphonse d´Orléans et Bourbon (Madrid 1886 - Sanlúcar de Barrameda 1975), Infant d'Espagne, cinquième Duc de Galliera et aviateur militaire. Fils de l'Infante Eulalie d'Espagne (fille de la reine Isabelle II) et du Prince Antoine d'Orléans et Bourbon (fils du Prince Antoine d'Orléans, duc de Montpensier, et petit-fils du Roi Louis-Philippe de France). En 1906, il fit sa formation militaire à l'Académie militaire de Tolède et, en 1910, se forma comme pilote en France. De retour en Espagne il devint l'un des premiers et plus éminents aviateurs militaires espagnols. Il occupa divers postes dans l'aviation militaire espagnole jusqu'à la chute de la monarchie en 1931, participant comme chef des opérations aériennes au débarquement d´Alhucemas qui eut lieu en 1925.

      En proclamant la Seconde République espagnole, le 14 avril 1931, l'Infant Alphonse partit en exil à Londres, où il habita jusqu'à son retour en Espagne en 1937, pendant la Guerre Civile, pour rejoindre l'aviation de la faction nationale. Après la guerre, il fut promu au grade de Général de Division et servit comme responsable de la Deuxième Région de l'Air en 1940. Trois ans plus tard, il fut nommé Général de Brigade.

      Alphonse d´Orléans renonça en 1945 au commandement de la Région Aérienne du Détroit pour appuyer le Manifeste d'Estoril, texte dans lequel Don Juan de Bourbon, chef du palais royal d'Espagne, exigeait le rétablissement de la monarchie. Avec cette décision, l'Infant Alphonse fut obligé de mettre fin à sa carrière militaire, mais continua à piloter.

      En 1909, il se maria avec la princesse Béatrice de Sajonia-Coburgo-Gotha.

      Il est le créateur de l'offrande traditionnelle de fleurs que l’on fait, depuis le petit avion, depuis 1921, à la sortie de la procession de la Vierge de Regla, date à laquelle l'Infant D. Alphonse d´Orléans, alors lieutenant dans l'aviation, fut victime d´une blessure par balle au genou. Il se confia à la Vierge de Regla afin que sa santé se rétablît. Depuis ce temps et pour honorer sa promesse à la Vierge, il fit le premier vol. Année après année, un avion effectue l´offrande florale. L´Infant chargea D. Jose Léon Cotro Florido de poursuivre ces vols pendant toute la durée de sa vie.

      Don Alphonse était habitué à se promener sur la plage de Regla, pour effectuer des exercices physiques accompagné de ses chiens. Il était un fidèle participant pendant les processions dédiées à la Vierge de Regla.

LES TRAVAILLEURS ET BIENFAITEURS

GRAND-MERE LOLE.

      Dolores Jurado Ricarte naquit le 8 mars 1876. À 21 ans, elle épousa Jose Jurado Romero. À 33 ans elle devint veuve avec sept enfants.

      Sa vie, entre la fin du XIX et le milieu du XX siècle, fut un exemple patent de dépassement d'une de ces nombreuses femmes qui se retrouvent dans cette situation, avec sept enfants, et comme seule source de revenu une vigne dans la région de Regla avec les difficultés qu’un tel labeur représente, et le dur travail dans les maisons voisines. Elle travaillait sa vigne avec l'aide de quelques journaliers mais avait bien des difficultés pour vendre sa récolte, de sorte que pour élever ses enfants les problèmes étaient immenses.

      Néanmoins, Grand-mère Lole s’en sortit démontrant la capacité d'une femme qui se grandit dans l'adversité. Sa maison, à côté du Sanctuaire de Regla, fut le lieu de réunion et d'arrêt pour de nombreux agriculteurs qui venaient au village faire leurs achats. Les habitants dans la zone de Mariño, de La Meca, de La Cuba, etc, y laissaient leurs véhicules, en général une charrette attelée à un âne pour descendre au village faire leurs « mandaos » (acheter les viandes, les légumes …). Au retour, ils avaient l'habitude de bavarder un peu des problèmes quotidiens et plus d'une fois elle les aida dans les mauvaises années.

COSME MELLADO CARO

      Politique et syndicaliste de Chipiona. Marié avec Regla Castro Gomez et père de cinq enfants. Fils de Francisco Mellado Naval, qui mourut pendant le Mouvement National.

      Bien que leurs idéaux fussent de gauche, comme pour beaucoup d'autres, il dut combattre pour la faction nationale, pour avoir été enrôlé dans le mouvement qui était dans la zone.

      Pendant de nombreuses années il travailla dans la cave de Florido Hermanos, où à la fin des années soixante, il joua un rôle primordial avec plusieurs collègues dans une grève de revendications de leurs droits. Ils se rendaient sur leur lieu de travail, mais le patron leur en interdisait l’entrée.

      Il consacra sa vie entière à la défense des libertés et des travailleurs.

      Il agit avec d'autres collaborateurs, comme José Mellado Domenech, Narciso Montalban, etc, fondateurs de PCE (Parti Communiste) de Chipiona dans la clandestinité.

      Avec la restauration de la démocratie en 1979, il se présenta comme candidat à la mairie de Chipiona, pour le PCE, avec qui il obtint cinq postes de conseillers. Durant les jours qui suivirent la conclusion de l'élection il eut l’opportunité d'être maire de Chipiona, ce à quoi il n’accéda pas.

      L'assemblée plénière de la ville de Chipiona, à la demande de Ramon Gutierrez Toscano, porte-parole du groupe municipal d’IU, décida à l'unanimité de tous les groupes politiques de donner son nom à une place publique, la Plaza de San Antonio.

SOEUR MADELEINE

      Sœur Magdalena Rodriguez Pietri (1913-1999), populairement connue à Chipiona pour "Sœur Magdalena» fut une religieuse très chère, appartenant à la Communauté des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul qui s’occupèrent du sanatorium de San Carlos de Chipiona.

      Elle naquit à Porto Rico en 1913, arriva comme novice en Espagne en 1936 et mourut à Chipiona, le 21 avril 1999. “Chipionera” d’adoption, à 85 ans dont 51 à Chipiona, la municipalité reconnaissant son dévouement et son sacrifice aux pauvres lui attribua le titre de fille adoptive et préférée de la Ville de Chipiona. Avec d'autres religieux elle dédia sa vie au soin des enfants défavorisés dans le sanatorium de San Carlos, à l’aide aux nécessiteuses de la ville, aux malades, et aux prières puisqu’elle était religieuse. En plus de 50 ans à Chipiona elle passa par toutes sortes de vicissitudes et les anecdotes et les joies étaient si nombreuses que tous tentaient de la connaître.<

      Pendant la guerre civile elle allait à une caserne de San Fernando à la recherche d’aliments pour les enfants du sanatorium. Par la suite, profitant de la visite du gouverneur civil de Chipiona, elle obtint l'eau potable pour le sanatorium.

LADISLAO CARRASCOSA.

      LADISLAO CARRASCOSA. Personnage de Cadix avec des propriétés à Chipiona. Il donna des terrains de manière inconditionnelle, en 1894, pour ouvrir une rue à l'endroit encore appelé “las Cantaras”. Son épouse Mme Veneranda donna aux sœurs de Divina Pastora les terrains où l’on construisit plus tard l´École et la Chapelle.

      En décembre de la même année on présenta en Séance Plénière de la Ville des plans pour la construction d'un nouveau et luxueux cimetière, mettant en évidence que M. Ladislao Carrascosa proposait d’apporter l’argent pour ce projet et la construction, pour un total de 41.851 pesetas.

      Le Conseil estima que le moment n'était pas au luxe et que l’on pouvait résoudre le problème d’une manière plus simple.

      En janvier de l'année suivante on soumit à nouveau un nouveau projet en réduisant les coûts à 15.000 pesetas, projet pour lequel D. Ladislao apporta l’argent en espèces pour que la mairie remboursât dans des délais confortables".

      Le 22 février 1896, on réalisa les travaux du nouveau cimetière. Le Conseil municipal reconnut l’aide de D. Ladislao, et pour le signifier, se mit d’accord pour donner le nom de Ladislao Carrascosa au tronçon de la rue entre la Plaza de San Sébastin et la rue Nuestra Señora de la O., appelé antérieurement Torréon.

      Le 17 octobre la même année, D. Ladislao Carrascosa mourut.

LUPE « LA DEL HUERTO »

      Guadalupe Ruiz Rodriguez naquit à Constantina (Séville) en 1885. En 1894, elle arriva à Chipiona, à dos d’âne, avec ses parents. Bien qu'elle aimât étudier, elle voulait être sage femme mais ses parents n'ayant pas de moyens financiers l’envoyèrent travailler comme ses cinq frères et sœurs. Elle resta peu de temps au collège et ce qu’elle savait, elle l’avait acquis par elle-même, recherchant des livres pour étudier à la maison.

      En 1904, elle se maria avec Nicolas Valdés, et eut cinq enfants. En 1918, à cause d´une épidémie, elle devint veuve avec cinq jeunes enfants, le plus âgé ayant 11 ans.

      Depuis lors, Lupe se consacra à assister des parturientes et à faire des piqûres pour permettre à ses enfants de s'en sortir. Les années passèrent, et en 1932, elle obtint un emploi à l'Hôpital de Mora à Cadix dans le service de maternité. En même temps qu’elle travaillait, elle étudiait et mettait aussi en pratique. Etant sur le point d ‘obtenir son diplôme de sage-femme, son fils Jose tomba malade et, comme il avait besoin de toute son attention, elle quitta tout pourle soigner. Peu de temps après l'enfant mourut et Lupe ne revint pas á l'hôpital.

      Peu de temps après, la guerre civile éclata et Chipiona se trouva sans sage-femme. Lupe dut porter assistance à toutes les femmes qui accouchaient, parfois aidée par le Dr Herrero Benitez, médecin titulaire de Chipiona.

      Plusieurs fois, elle ne prit aucun argent pour ses services. Au contraire, si le patient était nécessiteux, elle lui portait du lait, un peu de bouillon ou d'autres aliments, et parfois de l'argent pour aider les malades.

FRANCISCO LARA ET ARAUJO

      Il naquit à Alcalá de Guadaira, le 19 juin 1877 et décéda à Sanlucar de Barrameda le 17 février 1953 à 75 ans. Il fut enterré, à sa propre demande, dans la chapelle du cimetière de Chipiona.

      Curé de la paroisse de Chipiona pendant 42 ans et Archiprêtre de Sanlucar de Barrameda, fondateur du Syndicat Catholique d’agriculture de Chipiona en 1923. En 1915, il fit une souscription pour soulager la faim dans le village. Le maire proposa à la Ville d’y souscrire, mais les membres du Consistoire après bien des débats et des discussions se prononcèrent en arguant que la Ville n'avait pas d'argent même pour payer les fonctionnaires et donc, ne votèrent pas la souscription.

      Cela conduisit le curé à s’affronter à eux en lançant un appel aux familles aisées de Chipiona, ce qui lui valut assez d'ennuis avec les membres de la municipalité. Il consigna quelques notes intéressantes sur la paroisse de Notre-Dame de O, extraites des archives de la même paroisse.

LES PEINTRES ET LES ARTISTES

JAIME FONT

      Il naquit à Badalona (1834) et décéda à Madrid (1880). Ingénieur des routes, des canaux et des ports. Homme d`origine modeste, il a été formé à Madrid, vivant dans la maison de son oncle. Il vécut á Cadix. Ingénieur en chef de la province de Cadix. Directeur de la Commission du Port de Séville (1871-1879). Il réalisa la version finale de notre phare, commencé en 1863 et inauguré en 1867, en modifiant la distribution, l`architecture et les matériaux avec, contrairement à son prédécesseur Eduardo Saavedra, un meilleur résultat et la réduction des coûts. La tour du notre phare est similaire à celle des phares de Maspalomas et Palos, tous deux construits sous sa direction.

      Il travailla également pour le secteur privé dans les chemins de fer Sevilla- Huelva. En 1869 le Ministère des Travaux Publics le décora de l’Ordre d’Isabelle la catholique pour le zèle et l'intelligence qu’il déploya pour l’exécution du Phare de Chipiona. Le conseil municipal de Badalona lui a rendu hommage en mettant son nom à l'une des rues de la ville.

      Ses principales œuvres sont: Le phare de Chipiona, Le phare de Bonanza, Sanlúcar de Barrameda, le phare de Punta Carnero d´Algeciras, le pont de fer sur la rivière Guadalquivir à Palma del Rio (Córdoba-1885), la ligne ferroviaire Sevilla-Cordoba (Déclarée d'Intérêt Culturel en 1998), la gare de Huelva.

MANUEL VENTURA MILLÁN RODRÍGUEZ.

      Manuel Ventura Millán Rodriguez, né à Chipiona et père de quatre enfants. Peintre de style réaliste, il commença à peindre déjà âgé. Il débuta dans la peinture après avoir vu un vieil homme peindre la Cathédrale de Jerez. Auparavant il avait été peintre en bâtiment pour subvenir à ses besoins, tout en brossant ses premières toiles. Il fut également jockey mais quitta la profession, par peur des chevaux. Il fut parmi les premiers peintres de Chipiona et encouragea aussi ceux qui vinrent après lui pour exercer cet art. Il vécut de nombreuses années à Sanlucar de Barrameda, où il décéda. La municipalité tenta de donner son nom à l'actuelle Placita de Pio XII, sans y parvenir pour des raisons purement politiques.

      Trois de ses quatre enfants, également nés à Chipiona, Manolo, Ana et Zoilo sont amateurs de peinture aussi.

JUAN IGNACIO SARDI MELLADO.

      Juan Ignacio Sardi, peintre autodidacte, amateur de musique et lecteur enthousiaste de poésie. Né à Chipiona le 29 avril 1940 dans une famille pauvre qui vivait dans la rue Isaac Peral. Marié avec Regla Montalbán Montalbán. Il eut une fille nommée Marian qui est aussi un peintre.

      Il commença à travailler très jeune. Après avoir été ouvrier du bâtiment, à l'âge de 13 ans, il devint cuisinier à Rota dans la base américaine et se déplaçait à bicyclette . C’est ici qu’il alterna son travail avec sa carrière de peintre. Les Américains, désireux de connaître notre culture et nos coutumes acquirent ses peintures de flamenco, de toreros, de fleurs, cruches, etc.

      Sa vie de peintre à temps plein commença à 24 ou 25 ans. Au début, il peignit sur des vases, des paysages, et des bâtiments de Chipiona, comme le sanctuaire de Regla, le phare etc. et des vues de la plage parce que la mer, comme le paysage et les monuments de Chipiona, fut une source permanente d'inspiration et une des raisons de sa création picturale.

      Il exposa, en plus de Chipiona, quasiment dans toute l'Espagne : Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Malaga, Cadix etc. et aux États-Unis, Pays-Bas, Autriche, Belgique et Mexique.

      Collaborateur intègre dans tous les aspects culturels de Chipiona, il travailla activement et gratuitement avec la Confrérie de Notre-Dame de Regla del Pinar, pour créer des bannières en l'honneur de la Vierge de Regla del Pinar, et pour installer aussi les équipements de la Crèche del Pinar. Il aida, la Nuit de San Juan, à brûler "Juanillo" qu’il avait lui-même élaboré.

      De la même manière, avec ceux du carnaval de Chipiona avec lesquels il était très lié, il fut l’un des artisans du rétablissement de notre Carnaval en 1984.

PEPI PORRAS MORA, “MARINA”

      Josefa Porras Moras naquit à Chipiona. Mère de deux fils et chanteuse. Elle fut également secrétaire et professeur dans une école de conduite et chef de sa propre entreprise dans la rue Carlos Hayas connue sous le nom "Les Trente du Pentagramme."

      Elle fit ses premiers pas dans la chanson dans le collège des Franciscains dans la rue Fray Baldomero Gonzalez, où elle chantait dans les entractes de films inoubliables que projetaient les Franciscains avec le Père Angel Nebreda à leur tête. Elle divertissait avec des chansons de l'époque, entre autres avec << Le moutons lucera >>.

      À 16 ans, et lors d’un voyage à Madrid, elle eut une occasion dont elle ne put profiter en raison de son âge et des craintes des ses parents, imaginant ce qui pouvait survenir à une enfant dans une grande ville.

      Son rayon d'action se réduisit à l'Andalousie, où elle se produisit et où elle apprit d’ hommes comme JM Ebora et Isidro Muñoz. D´Andalousie elle extrayait cette spontanéité quand elle chantait et transformait toutes les chansons connues en quelque chose de nouveau et de surprenant.

      Dans ses disques, à cheval sur "Cuanto te debo"et un album "Como la ola", Marina chanta des répertoires classiques d'Amérique latine, telles que "Acuérdate de Abril", de Amaury Pérez", "A donde vas Amor"; de Tito Fernández, "Para mi corazon basta tu pecho"; de Neruda et musique de Paco Ibáñez ou "Cuanto te debo"; de Roberto Cantoral. Ce sont ses chansons principales les plus célèbres.

      En 1997, elle fut nommée, à juste titre, "Personnage populaire " par la Radio Chipiona FM Emisore Municipal.

LOLITA QUERY

      María Dolores Rodríguez Query, “Lolita Query”. Chanteuse de Chipiona, née en 1944 au sein d'une famille pauvre de huit enfants. Son père, agriculteur et ouvrier dans les caves de la ville. Elle est la cinquième enfant de la famille. Mère de trois filles, elle commença à chanter á l´âge de 9 ans. Sa famille avait des antécédents artistiques pour avoir chanté la plupart du temps dans les fêtes, mais sans être professionnelle.

      A 9 ans, elle donna sa première représentatin officielle à Séville (1956) au Théâtre San Fernando, avec une chanson mexicaine intitulé "Los dos arbolitos", "La Ranchera" et "Grítenme, piedras del campo".

      Elle s’en alla aussi à l'étranger, avec le ballet intitulé "Festivales de España", en compagnie d'Antonio Gades, qui lui conseilla de chanter des chansons qui plairaient dans les lieux où elle se produirait.

      A Téhéran, elle eut l'honneur de chanter, devant le Shah d’Iran et son épouse Farah Diba, à sa demande, entre autres chansons, "Granada" et "Andalucía" d´Albéniz.

      En Italie elle chanta au Théâtre Garibaldi des chansons comme "El Jinete", "Cucurrucucú Paloma" et bien d’autres chansons.

      Elle joua dans toute l'Espagne, avec la compagnie d´Antonio Molina durant deux annéss, avec Juanita Reina, dans le spectacle "El Gitano de Bronce y Oro."

ROCÍO JURADO

      Rocío Mohedano Jurado naquit à Chipiona, le 18 septembre 1944. L'aînée de trois frères. Elle étudia à l’École de la Divina Pastora, où elle faisait partie du choeur. Très jeune elle triompha dans le genre flamenco et la chanson espagnole.

      Avec des antécédents artistiques dans la famille, puisque tant sa grand-mère, que son père et sa mère chantaient fort bien, elle chantait elle aussi au rythme de ses travaux domestiques, ignorant la présence de ses admirateurs alors qu’ils cernaient la maison.

      Dès quinze ans, elle joua dans les bars à flamenco, « tablaos », et prit des cours de chant à Madrid. En 1962, elle remporta les fandangos de Huelva au concours international de flamenco de Jerez de la Frontera, et bientôt elle s’affirma comme une star de la chanson légère espagnole. Dans sa plus récente discographie, les meilleurs albums sont : Señora (1979), ¿Dónde estás amor? (1987), Punto de partida (1988), Nueva Navidad (1990), Rocío de luna blanca (1990) et Con las alas al viento (1993).

      En 1979 elle donna un concert grandiose au Madison Square Garden à New York comme prologue à une tournée en Europe et en Amérique latine. Aussi à l'Expo 92 à Séville. Elle tourna dans quelques films tels que «La querida" (1976), de Fernando Fernan Gomez, et "La Lola se va a los puertos" (1993) avec José Sancho et Paco Rabal.

      Sa voix puissante, unique en son genre, avec un timbre fort et harmonieux à la fois , lui permettait d’interpréter les mélodies les plus variées, avec un accent artistique personnel. Elle se produisit dans les grands théâtres d’Espagne et à l'étranger.

      Elle travailla également dans le bar à flamenco de Manolo Caracol, intitulé "Los canasteros".

      En 1967, Elle fut élue "Lady Espagne » et remporta en 1968 le titre de "Lady Europe». La même année, Le Conseil municipal de Chipiona approuva à l'unanimité de lui accorder le titre de "Fille de prédilection " de Chipiona pour ses talents artistiques nationaux et internationaux.

      En mai 1976, elle épousa le champion de boxe du monde, Pedro Carrasco. Rociito naquit l'année suivante.

      Après treize ans de mariage, ils se séparèrent à l'été 1989.

      Le 20 janvier 1999, le Conseil de la province de Cadix à l'unanimité la nomme "fille de prédilection de la province de Cadix."

ÉCRIVAINS, PROFESSEURS ET HISTORIENS

FRAY AGUSTÍN SALUCIO.

      Ne á Chipiona, 1523-1601, et baptisé dans l'église de la O, religieux de l'Ordre de Saint-Domingue. Remarqué pour son éloquence sacrée très baroque, nuancée de gongorisme et d’intellectualisme. Il fut prédicateur de Santa Teresa et des rois Philippe II et Philippe III, à qui il s’adressait sans se troubler.

      Ses principaux sermons sont: «Sermon prononcé pour les honneurs funèbres de Philippe II à Cordoba," "Avis aux prédicateurs du Saint Evangile», «Discours sur la justice et le bon gouvernement d'Espagne", "Discours sur les statuts de la pureté du sang" et «Discours sur la limitation des statuts et des qualités des chevaliers de Calatrava."

      On raconte que prêchant un jour devant sa Majest Philippe II, il lui : “Sire, écoutez-moi Votre Majesté, Dieu, lui, m’écoute.”

      Dans un autre prêche se référant à la parabole sur les “cinq pains” dans laquelle le Christ disait à son disciple Philippe “Où achèterons-nous du pain ?”, il se tourna vers Philippe II et lui dit ; “remarquez, Votre Majesté, que le Christ dit à son disciple “Où achèterons-nous du pain ?” et non “Où le prendrons-nous ?”. Votre Majesté n’achète ni le blé ni le pain mais ce sont vos ministres qui le prennent et l’enlèvent par la force. Donc ils ne paient rien et s’il payent un peu, ils emportent beaucoup plus, donnant peu aux propriétaires et laissant les pauvres poussant des cris au ciel. Et moi, pour eux, je donne de la voix ici, car le pain appartient plus à Dieu qu’aux rois et c’est Dieu qui le donne ; là on l’achète, ici il semble que le roi l’enlève alors qu’il ne lui appartient pas. Ces dires furent prononcés avec tant de pugnacité, de force et d’aisance que cela laissa Philippe II confus. Jamais aucun prédicateur ne l’avait osé avant lui. Rejetant les vanités du monde, il refusa d'être évêque de Cordoba, préférant le calme et la retraite de sa cellule que la mitre d’un évêché si important.

FRAY FRANCISCO NUÑO

      Né á Sanlucar de Barrameda, il entra au couvent de Saint Augustin de Séville à l'âge de 13 ans prononça ses voeux le 15 avril 1591 et mourut en 1672.

      Il étudia la philosophie et la théologie au couvent de Séville, en tant que prêtre depuis 1601. En 1623, on ignore où il résida mais il fut nommé comme maître de chapelle dans la région d'Andalousie. En 1926, il fut élu « Definidor » et, en 1629, prieur de Ecija, charge à laquelle il renonça. En 1632, il fut élu prieur du sanctuaire de Notre-Dame de Regla, charge dont il s’acquitta de manière utile et soignée. A ce moment-là on bâtit la chapelle du sanctuaire..

      Le 28 octobre 1641, il fut élu Supérieur des Congrégations jusqu'en 1644. Une fois fini son triennat, il se retira au couvent de Sanlucar, où il mourut.

On lui attribue d’avoir écrit l'histoire de Notre-Dame de Regla et jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas pu vérifier s’il parvint à l’imprimer ou s’il s’est perdu

FRAY DIEGO CARMONA BOHORQUEZ

      Fray Diego Carmona Bohórquez naquit á Chipiona en 1590 et fut baptisé en l'église paroissiale de Nuestra Señora de la O. Son père, Francisco Carmona, capitaine de l'armée, gouverneur du château et maire de Chipiona en 1627 et 1628, était de Carmona et sa mère de Jerez. Il suivit l’instruction primaire á Sanlucar de Barrameda.

      Son frère, Francisco Carmona Bohorquez, fut également capitaine, gouverneur du château et maire de Chipiona en 1642-1643. En 1606 , il n'avait pas encore l’idée d'être un moine. En 1628, il se trouvait au couvent d’ El Puerto de Santa Maria.

      Il fut le premier historiographe et chroniqueur de son temps. Son oeuvre manuscrite intitulée «histoire sacrée», où il raconte l’histoire de Chipiona de son époque , l'histoire de Notre-Dame de Règle et ses miracles est à la Bibliothèque Nationale.

      À la demande de l’Association Culturelle Caepionis, on lui a dédié une avenue de notre ville dans la zone du complexe de La Laguna.

LE PÈRE JOSÉ LERCHUNDI

      Né à Orio (Guipúzcoa) le 24 février 1836, il mourut à Tanger le 9 mars 1896 : arabisant, écrivain, diplomate, membre de l'Académie Royale Espagnole (1874), membre honoraire de la Société Espagnole des Africanistes et des Colons (1884) et décoré de l'Ordre Royal d'Isabelle la Catholique. La plaque d'une rue de notre ville et une statue sur l'esplanade de Regla conservent sa mémoire à Chipiona.

      Son enfance fut simple. Rapidement on décela en lui les dons exceptionels dont Dieu l’avait doté et les qualités typiques des gens de son espèce.

      On peut ramener à trois dates les principales étapes de sa vie religieuse: le 14 juillet1856 on l’ordonna Franciscain Missionnaire dans le collège missionnaire de Priego (Cuenca) ; le 24 septembre1859 on l’ordonna prêtre et le 4 octobre de la même année il chanta sa première messe.

      En 1861, la Sacrée Congrégation de Propagande (Fide) lui décerna le titre de missionnaire apostolique et le 19 janvier de l'année suivante il débarqua à Tanger avec tous le stigmates d’un homme au seuil de la mort. Mais grâce à la Divine Providence, qui veillait sur sa santé, à la douceur du nouveau climat et aux soins diligents de ses frères de l’ordre, il résista aux rigueurs de la vie de missionnaire pendant 34 années de lutte continue.

      Plus tard, il fut nommé vice-gérant du pro-préfet (1863) et en son absence, on lui confia la paroisse de Tanger. Progressivement il fut apprécié de ses amis et des étrangers : on lui rendait hommage en lui confiant des missions délicates et répétées et, finalement, en raison de ses bons services et de ses compétences exceptionnelles pour diriger, on le nomina Président de la Mission á Tétouan à seulement 31 ans (1867). Il enchaîna les prélatures et ainsi peu à peu occupa le poste suprême de la Mission, celui de Pro-Préfet Apostolique dès qu’il fut vacant. Ce fut en 1877, à ses quarante et un ans et avec quinze ans de service.

      Mais le Père Lerchundi, en plus de tout cela, fut le grand protecteur des enfants défavorisés, un aspect de sa vie digne d'être connu et signalé.

      En raison de la coopération économique et morale du Père Lerchundi pour le développement du projet du Dr Tolosa Latour, on peut le considérer comme co-fondateur, parce que, sans son concours et sans son influence, la fondation du Sanatorium Maritime de Santa Clara sur les belles plages de Chipionane serait jamais devenue une réalité.

DOCTEUR LATOUR TOLOSA.

      D. Manuel Tolosa Latour, né à Madrid 1857 et mort en 1917. Médecin, professeur de pédiatrie et écrivain. Dès sa jeunesse, il partagea ses passions entre la littérature et la médecine.

      Pendant ses années universitaires, il fut rédacteur en chef des Annales des sciences médicales, publiant de nombreux articles dans la Revue Européenne et dans d'autres.

      Il vécut à une époque peu salubre où les épidémies du typhus, du choléra, de la peste et du paludisme faisaient des ravages dans la population. Compris comme un homme talenteux, il lutta pour la création d'orphelinats et de maisons de redressement.

      Ses efforts pour les droits des enfants aboutirent à la promulgation en 1904 d'une loi pour la protection des mineurs, «Loi Tolosa» ou «Protection de l'enfance". Il est préoccupé par « l'enfant tout entier : pour lui pas de séparation du corps et de l'esprit », il faut traiter les deux en même temps.

      Il fut, avec le Père José Lerchundi, l’organisateur du Sanatorium maritime de Santa Clara, le premier du genre à être construit en Espagne, dont la première pierre fut posée le 12 octobre 1892. La relation du docteur avec le Sanctuaire de Regla était telle qu'il était logé au Sanctuaire quand il voyageait à Chipiona, jusqu’à ce qu’il achetât sa propre maison dans la ville.

      Le rachitisme, la tuberculose, le scrofulisme et les troubles de l’appareil locomoteur ont été améliorés ou guéris par le concours de la mer, de l'air et de l'action bénéfique du soleil.

      Le 19 février 1906 le Conseil Municipal de Chipiona le nomma "Fils d’adoption et de prédilection de la ville de Chipiona" et le 21 février 1910 donna son accord pour attribuer son nom à la rue La Palma.

FEDERICO OLIVER CRESPO.

      Né à Chipiona, le 22 octobre 1873 et mort à Madrid le 27 février 1957 à 84 ans. Né et élevé rue Larga n ° 52, fils de D. Francisco Oliver Martínez, enseignant national et journaliste et de Julia Crespo Pimentel, de Chipiona. Dramaturge et sculpteur, fondateur de la Société des auteurs qu’il dissoudra avec ses collègues pour raisons politiques, il fonda et présida l’actuelle Société des auteurs. Il fut directeur du Théâtre espagnol de Madrid.

      Orphelin de père, le remariage de sa mère lui offrit un beau-père qui, selon son petit-fils Jaime de Armiñán, était le propriétaire d'un magasin d'antiquités à Séville, où il arriva avec sa famille alors qu'il était encore enfant. C’est là qu’il commença à révéler ses goûts artistiques. Il rencontra alors les jeunes frères Alvarez Quintero, avec qui il entretiendra une longue relation amicale. Ce sont eux qui lui transmettront la passion du théâtre.

      En 1894 la famille s'installa à Madrid afin qu’il poursuivît ses études, entrant dans l'école de sculpture, de peinture et de gravures, et obtenant à l'Exposition des Beaux-arts de 1897 une médaille de troisième classe pour sa sculpture "SIN PAN ".

      Il intervint dans la rénovation de la cathédrale de Séville. Son amitié avec les frères Alvarez Quintero changerait bientôt le cours de son engagement. Sa première pièce, le drame "LA MURALLA" créée à Madrid en 1898, au Théâtre Comédie, fut largement louée par le public.

FRAY BALDOMERO GONZÁLEZ

      Fray Baldomero González Castellano naquit à Belalcázar (Córdoba), le 27 février 1877 et mourut au Sanctuaire de Regla le 6 juillet 1970, à 93 ans.

      A 19 ans il entra dans le Collège de Regla" de Chipiona, où il resta pendant 74 ans menant la vie franciscaine. Il fit ses vœux solennels en 1900. Il exerça ciomme enseignant national à Chipiona pendant 37 ans. Religieux austère, travailleur, compétent, très exigent avec lui-même. Personne dotée d'un grand talent pour les études théoriques et techniques. Son premier engagement dans le Sanctuaire de Regla fut d’être à l’infirmerie, travail de courte de durée, bien qu’il n’abandonnât jamais ni la pharmacie ni les remèdes.

      Bien qu’il exerçât de nombreuses activités à Chipiona, son travail resta dans l'ombre de son vaste labeur d'éducation, lui qu’il développât à une époque où il y avait une grande pénurie de scolarisation et où les enseignants disposaient de peu de moyens.

      A l’ouverture des écoles gratuites "Virgen de Regla" en 1908, il en fut nommé Directeur, exerçant sans relâche jusqu'à sa retraite en 1945. Au total, 37 années de «maître d'école». Mais il ne cessa jamais d'enseigner, puisqu'il donnait des leçons privées dans sa propre cellule dans le couvent, presque jusqu'à ses derniers jours : cours de pédagogie, de comptabilité, de baccalauréat, etc .

      A l'occasion des noces d'argent de son magistère en 1935, le Conseil municipal lui rendit hommage avec le titre de "fils adoptif de Chipiona» et donna à la rue « Pi y Maragall » son nom.

      En 1945, ses anciens élèves lui rendirent un vibrant hommage avec une plaque commémorative sur son buste en bas-relief et en faisant référence à son travail en tant que maître et fils adoptif du village. Une notice nécrologique publiée dans le magazine ABC de Séville du 18 juillet 1970, a salué en lui le "maître des enseignants", qui sera toujours présent dans la mémoire de la ville de Chipiona.

D. MIGUEL ESPINOSA PAU

      Né á Chipiona en 1866 et mort en 1941 à l'âge de 75 ans. Enseignant et historiographe local. En 1933, date d'ouverture de la bibliothèque publique de Chipiona, il fut désigné comme le premier bibliothécaire-archiviste de Chipiona.

      Personne peu comprise parmi ses contemporains qui le taxait de fou ou d’insensé et d’ athée, attaques typiques des petites villes et de l’époque dans laquelle il vécut. En fait, D. Miguel Espinosa était anticlérical.

      Il émigra à Buenos Aires (Argentine) où il passa plusieurs années et, á son retour à Chipiona, il servit en tant que Maître dans le Collège qui se situait là où est actuellement le Centre pour adultes. Il écrivit deux livres sur notre village sans parvenir à les éditer. De l'un d'eux, intitulé «Caepionis Turris», diverses photocopies sont conservées par les amateurs de l'Histoire de Chipiona. L’un traite de l'origine du nom de Chipiona et l’autre, qui se perdit pendant la guerre civile espagnole, de “ l’ORIGINE DE LA VILLE DE CHIPIONA AVEC COLLECTE DE QUELQUES EVENEMENTS ANCIENS”

      Quand il mourut, il légua par testament à la ville de Chipiona la propriété n ° 23 de la rue Larga, à la condition, entre autres clauses, de construire une école pour les enfants, donation qui entraîna de nombreux problèmes avec sa propre famille qui, sur le moment, virent cela d’un mauvais oeil.

JOSÉ MIRANDA DE SARDI .

      José Miranda de Sardi, 1899-1936. Autodidacte, poète, journaliste, écrivain de petits poèmes pour le carnaval, et politique, représentant de Chipiona de la célèbre génération littéraire du 27. Il naquit à Chipiona le 8 février 1899, au sein d'une famille de paysans. On sait peu de son enfance. A douze ans il écrivit une pièce de théâtre intitulée "Delfin el Pirata".

      Dès son jeune âge il manifesta sa volonté de défendre la classe ouvrière, dont il était fier, et mit sa plume et sa conscience au service des agriculteurs à Chipiona. Ce ne fut pas en vain tant étaient marquées les différences de classe dans ces années-là à Chipiona.

      Quant à sa personnalité, on peut dire que Miranda avait un caractère sincère qui faisait qu’il n’avait pas la langue dans sa poche quand il devait dire la vérité ou quand il s'agissait de dénoncer l’injustice.

      Quant à son attitude devant la vie, son militantisme politique au sein du Parti Unioniste de Angel Pestaña le révéla anarchiste. Dans un de ses poèmes il se définit comme athée, critiquant Dieu de permettre les inégalités.

      Durant son séjour à Barbate, parfois il empruntait de l'argent pour venir en aide aux habitants de Chipiona qui accouraient là pour chercher du travail. Par les hasards de la vie, il arriva à Barbate en 1923, à la demande de son oncle José María de Sardi, agent commercial, qui vivait déjà dans cette ville, ce qui coïncida avec le commencement de la dictature du général Primo de Rivera.

      Il créa les journaux "El Heraldo de Barbate" et "Independencia de Barbate" pour dénoncer la situation d’abandon dans laquelle se trouvait la ville de Barbate, en matière de santé, d’ écoles et d'infrastructures de tout poil. Il véhicula l’idée de rester unis et d’’obtenir l'indépendance de Vejer de la Frontera.

      En 1933, Miranda de Sardi s’en alla à Cadix et participa à la fondation du Parti Unioniste d´Angel Pestaña, anarchiste, avec des personnalités aussi prestigieuses que l´écrivain Ángel María de Lera.

      Avec le soulèvement national il fut arrêté et emprisonné dans le bateau charbonnier "Miraflores" et fusillé plus tard (le 8 août 1936), mais on n’est pas sûr que ce fût dans les carrières de Puerto Real ou sur la plage de la Puntilla, à Puerto de Santa Maria.

PÈRE ÁNGEL NEBREDA .

      Père Angel Nebreda Larra , naquit à Quintanadueñas (Burgos) en 1932, et mourut à Chipiona en 1989. Né dans une famille chrétienne, dès l’enfance, il apprit les valeurs évangéliques si bien que s’épanouit très tôt sa vocation religieuse.

      Après l'école primaire dans son village, à l'âge de 13 ans, il entra au séminaire de Saint-Pantaléon de Aras (Santander), passant l'année suivante aux études secondaires à l´école de San Antonio, séminaire mineur franciscain à Martos (Jaén).

      En 1949, il entra au noviciat de l'Ordre à Lebrija (années 1949-1950). Il se rendit ensuite au séminaire Mayor Franciscano de Regla à Chipiona. Le Cardinal de Séville, Bueno Monreal, l’ordonna prêtre le 17 juin 1956. La même année, il fut nommé Directeur des Ecoles "Virgen de Regla" succédant á Fray Baldomero González dans la charge éducative de l'Ordre des Franciscains de Chipiona. Là depuis 1908, les Franciscains avaient réalisé un travail considérable pour l'éducation, en transformant l´humble école de la rue Fray Baldomero en centre scolaire Virgen de Regla" en adéquation avec leur époque et avec les besoins des enfants et des jeunes de Chipiona. Pour ce projet, le Père Angel Nebrada déploya de remaquables efforts durant ses 23 premières années de sacerdoce.

      Dans ces années, Chipiona ressentit le besoin, dans la ville, d’un centre de "Baccalauréat Élémentaire" qui, joint à la «Formation Professionnelle », se maintiendra jusqu'en septembre 1971, date à laquelle l'école secondaire de Sanlúcar absorba les élèves du Baccalauréat.

      Pendant toutes ces années, jusqu'en 1979, le Père Ángel Nebreda fut professeur et directeur des trois écoles (EGB, FP et Baccalauréat). Ce furent des années de beaucoup de travail et pleines de réalisations.

      Le plus important de son travail fut le plaisir de déborder d’énergie pour les enfants et pour les jeunes du village, ce qui lui semblait peu.

      En 1979 ses supérieurs le déplacèrent dans la localité sévillane d’Estepa, où il passa six années en tant que supérieur juqu’en 1985 , date de son retour à son Chipiona comme Recteur du Sanctuaire après un exil forcé. Selon lui-même il partit de Chipiona par vœu d'obéissance, bien que cela fût l’oeuvre de la providence physiquement et spirituellement.

      Père Angel Nebreda qui avait été un «dur» de l'éducation, revenait en sachant plus encore, voulant se donner à sa mission, comme rénové et désireux de travailler encore plus.

      En mai 1988, il se sentit soudainement mal et le 22 mai 1989 il décéda dans le Sanctuaire de Regla à 56 ans. Ses funérailles donnèrent lieu à un hommage considérable de l'affection du village et de celle de ses nombreux étudiants qu’il quitta dans son magnifique travail éducatif.

EUGENIO FEDRIANI.

      Eugenio Fedriani Fuentes, naquit à Chipiona en 1913, et mourut à Jerez de la Frontera en 1995. Historien, écrivain, enseignant et conférencier national du commerce, membre de l'Académie de San Dionisio en Jerez, il vécut à Jerez de la Frontera dans le Paseo de las Delicias.

      Devenu orphelin de père et mère, il eut pour tuteur le franciscain Fray Baldomero González. Il fit ses études de professorat et passa ses examens à Cadix. Il enseigna dans de nombreuses écoles dans la province de Cadix. Il se maria et eut 6 enfants.

      À Jerez, il écrivit de nombreux articles pour des journaux locaux en même temps qu’il se consacrait à l’enseignement. Il mourut sans pouvoir remplir son intention d’écrire une histoire de Chipiona. Il publia plusieurs livres, dont "JEREZANOS ILUSTRES O INSIGNES", et "LA INMACULADA CONCEPCION"

AMALIO MÁXIMO VICENTE DE CASTRO

      Enseignant d´EGB, personne adorée et aimable. Il vint à Chipiona l'année 1964-1965 en tant que professeur national dans le collège du quartier Camacho Baños. Ceux qui ont connu D. Amalio savent que c'était une personne très savante, connaissant beaucoup de sujets, pas seulement relatifs à sa profession mais les plus insoupçonnés qui soient.

      D. Amalio, en tant que professeur, était dans le meilleur sens du mot «un maître».

      Sa responsabilité dans le développement de sa profession outrepassait les limites de ses obligations. Bien de ses élèves et de leurs parents étaient au courant des heures de classe, non rémunérées et non imposées par qui que ce fût, qu’ il donnait après la journée scolaire, de sorte que ces enfants pouvaient être au même niveau que ceux qui avaient plus de facilité à apprendre. Si un enfant se distinguait, il prenait immédiatement contact avec les parents pour leur montrer l'importance qu’il y avait à ce que leur fils continuât les études, une fois terminée l’instruction primaire. En bref, une personne qui aimait sa profession et appréciait les résultats scolaires obtenus par ses élèves. Amalio, en plus de sa profession, avait des passe-temps. Tout le monde connait sa gestion à la tête de "Ajedrez Chipionero" (Echecs de Chipiona). Outre le fait d’être l'un des pionniers de ce sport à Chipiona, il se préoccupait d’organiser les compétitions qui avaient lieu, de rechercher de nouveaux joueurs, de les encourager et de leur enseigner les échecs. Radio Chipiona le nomma «personnage populaire» dans la section culturelle en 1998.

Juan Luis Naval Molero.
Président d´Association Culturelle "Caepionis" .
Chroniqueur de la ville de Chipiona.